journal d'un artisan

Quitter son job pour faire du crochet, elle l’a fait!

Nous sommes très nombreuses à rêver de pouvoir quitter un boulot « alimentaire » pour vivre de notre passion. Je vais vous raconter l’histoire 100% véridique d’une jeune femme qui a réussi à quitter son job pour faire du crochet son métier. Voici la traduction de son interview sur Etsy:


Parlez-nous
de votre boutique et de l’idée qu’il y a derrière.


Midwest
Crochet
 a commencé viscéralement. D’aussi loin que je me souvienne, Je
me suis toujours occupée les mains avec un crochet. À l’origine ma boutique s’appelait
“Crochet Concepts » parce que j’aime son allitération, mais lorsque les
ventes ont commencé à décoller, un ami m’a suggéré le nom de “Midwest Crochet” comme
un jeu avec mes initiales — MC. Je l’aime beaucoup — C’est comme s’il me
représentait non seulement moi mais également l’aspect cosy et chaud des
articles que je crée.

Parlez-nous
de votre situation professionnelle précédente et comment vous avez découvert
Etsy.

Pendant de nombreuses années, j’ai travaillé dans la production pour la
télévision et l’évènementiel en direct. Lorsque nous avons déménagé dans l’Illinois,
j’ai décidé de ralentir un peu et j’ai pris un emploi de téléconseillère dans
une centrale d’appel d’assistance. C’était proche de mon domicile, une bonne
rémunération et tout ce que la plupart des gens attentes d’un bon boulot, mais
je n’étais pas satisfaite. J’ai donc pris les horaires de nuit et je faisais passer
le temps, entre deux appels, en crochetant les bonnets et des écharpes parmi
d’autres créations. J’ai commencé à vendre mes ouvrages à des collègues, puis
le bruit s’est répandu dans toute la ville et sur les lieux de travail de mon
mari. En un rien de temps, je faisais du business ! J’ai donc pris la
décision d’officialiser la chose et je me suis enregistré comme telle auprès
des autorités, et c’était fait : Midwest Crochet était
né.
Lorsque mon
mari m’a suggéré de vendre en ligne, je ne savais pas du tout par où commencé. Puis
je me suis souvenue — J’avais acheté des articles sur Etsy. J’ai ouvert une
boutique et fais ma première vente en moins de 2 jours. Je n’arrivais pas à
croire que des gens vivant très loin d’ici pouvaient acheter mes créations. C’était
tellement soudain.
J’ai
toujours voulu vendre mes modèles également, mais je ne savais pas vraiment
comment faire la mise en page d’un modèle. Un jour, j’ai brièvement fais un pas
en dehors de ma zone de confort et j’ai contacté The Crochet Dude, un artisan
du crochet très célèbre. J’étais ravie (mais un peu surprise) lorsqu’il m’a
généreusement appris comment développé mes idées et mes créations improvisées
en modèles pour mes clients. À la suite de quoi, ma deuxième boutique, Crochet By Michele,
vit le jour. Je suis en train de transformer des années de prises de notes, d’idées
de création et d’ouvrages improvisés en modèles modernes et c’est fabuleux.

Tous les
objets artisanaux que vous trouverez dans mon bureau ont été achetés sur Etsy,
dans une boutique qui s’appelle VibrantShadowsArt et elle a taillé à la main
tous ces objets pour moi.

Par
quelles étapes êtes-vous passée pour préparer votre transition à un travail à
plein temps pour votre boutique sur Etsy ?

Je crois qu’il est très important d’avoir un business plan. De cette façon vous
ferez un solide investissement mais vous aurez également un plan d’action pour
vous développer. Je trouve que cela permets aussi de prévenir tout incident ou
piège financier éventuel en planifiant toutes les dépenses qui peuvent être
prévisibles et cela aide vraiment lorsque certaines décisions doivent être
prises.
Alors je
prends des notes. Je fais des listes. Des tonnes de listes. Des listes de tout
ce dont je peux avoir besoin en termes d’inventaire. Un budget pour tout ce que
le fonctionnement de ma boutique me coûte et ce dont j’aurai besoin pour vendre.
J’appelle cela un business plan, mais c’est en fait beaucoup de listes. J’ai
parlé avec de nombreux autres vendeurs sur Etsy sur l’art et la manière d’avoir
du succès et quels conseils ils auraient à offrir. J’ai aussi lu les blogs d’Etsy et participé aux Online Labs pour
rassembler toutes les informations dont je pourrai avoir besoin. J’ai lu de
nombreux articles concernant le fonctionnement d’un business sur internet. J’ai
même envisagé d’ouvrir une petite boutique pour vendre en local et avoir un
pied-à terre concret. Mais plus je fais des listes, et plus j’y pense, plus je
me rends compte qu’Etsy et mon développement en ligne représente une bonne voie
pour moi. Alors c’est ce que je fais et je suis débordée !
Avoir une
mentalité de femme d’affaire m’a beaucoup aidé à me préparer à travailler à
plein temps. C’est arrivé plus vite que je ne pensais, pour être honnête. J’avais
espéré en mon fort intérieur qu’en 5 ans je pourrai en faire mon véritable
métier, même en étant saisonnier. En ce mois de Novembre, ne sera le 2e
anniversaire de ma boutique. Je suis en avance sur mon calendrier et j’adore ça.
Qu’est-ce
que vous préférez faire dans le processus du crochet ?

Je suis sans aucun doute une drogué des fils à tricoter. J’aime les sensations
liées au toucher de la laine et à ses innombrables textures. Pour moi, la
meilleure part de ce processus est de découvrir tout ce que je peux faire en
jouant sur les textures. Nous avons changé de maison pour une plus grande il y
a deux ans et j’ai pu consacrer une pièce entière au stockage de mes fils et à un
atelier. Mon stock débordait de mon ancienne maison.

Ma
partie préférée dans notre nouvelle maison est celle-ci. Ma fenêtre donne sur
un lac à l’arrière de notre maison et j’ai enfin réussi à organisé tous mes
fils pour les utiliser et préparer les commandes.

Quelles
sont vos meilleures astuces marketing ?
  • Je pense que vous devez avoir
    la volonté de faire sa place. Appelez ça l’importance d’être insensé. Vous
    aurez besoin de beaucoup de volonté pour dépasser les limites de votre
    travail.
  • Il y a tant de méthodes pour se
    faire de la promotion gratuitement : Facebook, Pinterest, Wanelo,
    Tumblr, Stumbleupon… c’est sans fin. Je les trouve d’autant plus efficaces
    quand je m’implique. Suivez des blogs qui vous intéressent et participez. À
    chaque fois que vous laisserez un commentaire, incluez un lien vers votre
    boutique quand c’est permis. Faites toujours preuve de personnalité et
    allez vers les autres membres de votre communauté selon votre art/loisir.
  • C’est un business, et même s’il
    est basé sur la toile, n’ayez pas peur d’en faire quelque chose de
    personnel. Quand j’étais enfant, nous allions toujours à la même pizzéria
    en bas de la rue et le même café à NYC [New York City. Les gens me
    reconnaissaient et je les reconnaissais. Tandis que la toile du net
    s’ouvre sur le monde comme une grande place de marché, cela vous éloigne
    également des relations de voisinage. Je veux avoir de telles relations
    avec mes clients et mes fournisseurs. Alors qu’il est important de se
    développer et d’obtenir de nouveau clients, vous aurez besoin de
    construire une affaire durable à long terme.
Quel a
été votre article le plus populaire jusqu’à ce jour ?

Mes « Slouchy Hats », qui sont très amusants et sont le résultat
d’une grosse erreur. Je voulais me faire un sac mais j’ai perdu le compte de
mes mailles. (Compter les mailles est la dernière des choses que j’aime faire) je
n’ai toujours pas fait ce sac mais j’ai fait beaucoup de bonnets voûtés !

Avez-vous
fait des erreurs en affaire que vous regrettées ?

Oui. Je me suis fait avoir par une personne qui se présentait comme écrivain et
expert en publicité— elle ne l’était pas. Si j’avais fait mes devoirs et que
j’avais écouté mon instinct, je n’aurai pas donné suite, mais j’ai laissé mon
excitation prendre le meilleur de moi-même et me suis laissé dépossédée de
plusieurs centaines de dollars.
Il y a très
longtemps, j’ai lu un livre intitulé Failing Forward (Tomber et se relever) qui
a changé ma façon de voir mes erreurs et mes faux pas. Ce sont pour moi des
opportunités pour apprendre et appréhender les choses différemment. Cet épisode
en particulier fut une pénible et coûteuse leçon, mais cela m’a permis de me
recentrer, de me repenser et j’ai finalement été gagnante d’une toute autre
façon.
Quel est
le plus grand challenge que vous devez affronter dans votre organisation au quotidien ?

Parfois, c’est un challenge de laisser la part de passion de côté pour se
focaliser sur l’aspect business. Il n’y a jamais assez d’heures dans une
journée pour tout ce que j’aimerai accomplir.
Aussi, j’ai
de la polyarthrite rhumatoïde et de la fibromyalgie. Il y a des moments quand
je souffre beaucoup, ça devient difficile de respecter son planning quotidien. Ce
sont des moments où j’ai besoin d’être pragmatique par rapport à ma boutique et
réaliste vis-à-vis de moi-même. C’est un défi quand je voudrai faire des
bonnets et des écharpes tout au long de la journée mais que je ne peux
physiquement pas.
Qu’est-ce
qui est le plus dur dans le fonctionnement de sa propre affaire ?

Pour moi, ce qui est le plus difficile dans le fait d’avoir sa propre affaire
c’est que, parfois, j’oublie que c’est du business. J’aime faire du crochet et
adore créer de nouvelles choses. Parfois, je voudrai juste me perdre dans mes
fils et confectionner des choses. Aussi, au lieu de travailler 40 heures par
semaines pour quelqu’un d’autre, j’arrive souvent à 60-80 heures de travail
pour moi-même. Mais la récompense est d’autant plus grande que chaque minute en
vaut la peine.

Voici le
studio photo que j’ai mis en place chez moi pour les prises de vue. C’est en
fait un simple drap que j’utilise comme fond vert pour éditer mes photos avec
un logiciel.

Quelle
est la chose la plus excitante en vendant vos créations sur Etsy ?

Il y en a tant ! J’ai développé des relations formidables avec la
communauté d’Etsy. Mon entreprise a prospéré et grandi. Mes ouvrages ont été portés
par des célébrités de la télévision. Je crois que c’est, jusqu’à présent, ce qui
a été le plus excitant. C’est plutôt cool de voir son travail reconnu et
plébiscité par des gens connus. Mais c’est tout aussi incroyable que la
première fois qu’un client m’a envoyé une photo de satisfaction.
Le fait de
vivre dans une petite ville et de vendre du fait main, limite considérablement
les ressources que je peux utiliser pour le développement de mon entreprise. Une
chose encore qui est vraiment des plus excitantes est qu’Etsy vous permet
d’interagir avec d’autres personnes qui elles aussi se sont lancé dans le
business du fait main. J’ai commencé une petite équipe dans les groupes d’Etsy
pour parler affaire et cela m’apporte tellement de joie d’avoir ce soutien-là.
Quel
conseil donneriez-vous à une personne qui voudrait suivre la même voie ?

Suivre son cœur, réfléchir, prendre des risques, et croire en son instinct. Je
crois que cela résume bien tout ce qui m’a porté jusqu’ici. Aussi, je crois que
la chose la plus importante que j’ai apprise, c’est de considérer chaque chose
comme une opportunité.
J’ai appris
que la clef pour relayer une information en terme de marketing c’est de le
faire à petites doses. En tant qu’acheteur, quand vous vous sentez dépassé, vous
changez d’air, non ? Je sais que pour moi c’est le cas, et les études de
marché montrent que le monde actuel emplie de cette satisfaction instantanée et
de cette rapidité électronique, les gens vont vite et un surplus d’informations
peut signifier la perte d’une vente. Mais pour autant, nous voulons que nos
clients soient informés et participent.
En
utilisant chacun des outils qu’Etsy met à notre disposition, vous pouvez
impliquez vos clients et leur donner des brides d’informations tout en leur
offrant l’occasion de visiter votre boutique. Le but ultime étant d’amener les
gens dans votre boutique pour qu’ils achètent vos articles.
Les
bannières de boutique,  vos profils, Avatars, message de bienvenue et
la FAQ dans les conditions de vente, les annonces de promotions, et les
différentes pages vous concernant sont autant d’opportunité de faire des
affaires et de bâtir votre identité sur le marché du fait-main. Cela vous
aidera également à légitimer votre présence sur le web. C’est un excellent
outil marketing que d’atteindre les média, les bloggeurs et la presse comme de
faire des partenariats avec d’autres vendeurs. Bâtir ma propre marque et faire
des affaires grâce à la renommée d’Etsy est une chose que je considère comme un
atout énorme. En regardant tout ça comme autant d’opportunités, je peux penser
à ce qui sera le mieux pour mes propres objectifs à longs termes.

Autre
chose que vous souhaiteriez partager avec nous ?

J’ai vraiment été bénie depuis le début de ma petite entreprise. Cela demande
de travailler dur mais c’est faisable — j’en suis la preuve vivante. Je voudrai
remercier Etsy pas seulement pour la plate-forme qui me permet de vendre mes
articles, mais aussi pour son soutien envers les petites entreprises et son
ambiance autour du fait main qui font définitivement partie de mon succès et de
loin !
Merci d’avoir
partagé avec nous votre histoire, Michele. N’hésitez pas à visiter sa
boutique.



 Quels sont les principaux points à retenir de cette belle histoire?
Tout d’abord, le fait de considérer une telle démarche comme un business à part entière avec un business plan digne de ce nom. De plus, ce sera un passage obligée si vous voulez obtenir un financement que ce soit d’une banque ou de l’ADIE ou même votre famille qui ne pourra alors que prendre au sérieux votre projet. 
Lorsque j’avais monté mon atelier, j’avais réalisé ce business plan grâce aux conseils, informations et outils en ligne de l’APCE que je vous recommande vraiment si vous voulez vous lancer.

Ensuite, je trouve intéressant d’analyser un peu sa boutique. Vous serez d’accord avec moi que ses articles ne sont pas les créations du siècle mais elle a su rester dans un créneau bonnets/écharpes qu’elle a décliné dans différents coloris et versions. Elle a 156 articles en vente, donc un gros volume d’articles en stock, elle ne se décourage pas si elle ne vend pas de suite sa dernière création (pas comme moi!). Ses prix sont accessibles, d’où l’importance de bien choisir son fournisseur avant de se lancer et pouvoir ainsi définir le coût réel d’un ouvrage.

Elle a 100% de satisfaction sur 373 évaluations et elle a fait 547 ventes depuis le 13 Novembre 2010 uniquement sur ses articles fait main, je ne parle pas de sa boutique de modèles en plus! C’est plutôt pas mal.

La première chose qui m’a frappé en voyant sa boutique, c’est la simplicité de ses ouvrages, une débutante peut en faire autant. Simplicité, le maître-mot. Pour une inconditionnelle de Dominique Loreau comme moi, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? 

J’espère que ma petite traduction vous aura aidé à vous motiver pour faire de votre passion pour le crochet une opportunité dans votre vie et vous souhaite

Happy Hooking ♥♥♥

Artisan maille, Fée du crochet, enseignant, crochet maker et Japan addict. Siret : 498809409

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